RABAT (AFP) - L'abstention a atteint vendredi un record historique aux élections législatives marocaines avec un taux de participation attendu de seulement 41%, ce qui constitue un revers pour les autorités et la classe politique.
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| Graphique interactif sur les élections au Maroc (GRAPHIQUE FLASH) (© AFP iactiv) |
"A 18H00 GMT, à une heure de la clôture du scrutin, le taux de participation avait atteint 34% et d'après la cadence enregistrée au long de la journée, nous nous attendons à ce que le taux de participation à la clôture des bureaux de vote devrait atteindre 41%, ce qui veut dire que 6,4 millions de Marocains auront voté, contre 7,5 millions en 2002", a déclaré lors d'un point de presse à Rabat le ministre de l'Intérieur Chakib Benmoussa.
Il s'agirait du taux le plus bas de l'histoire du royaume. La désaffection des électeurs n'a fait que s'accentuer au fil des scrutins. En 1984, le taux de participation avait été officiellement de 67,43%, mais les irrégularités étaient nombreuses.
"On s'attend à ce que le taux de participation définitif ne soit pas à la hauteur de nos ambitions", a déclaré le ministre de l'Intérieur.
"Le défi aujourd'hui consiste à réfléchir à la meilleure manière de mobiliser les électeurs afin de soutenir l'action politique. C'est la responsabilité de tout le monde: autorités, partis politiques et société civile", a-t-il ajouté.
Le taux de participation était l'un des enjeux du scrutin et il s'agit d'un revers pour les 33 partis politiques en lice comme pour les autorités puisque les résultats sont en deçà des ambitions modestes affichées par le ministre de l'Intérieur.
Le 24 août, M. Benmoussa avait déclaré à la presse: "J'espère que nous ferons mieux que les 52% de 2002".
Le Parti islamiste Justice et développement (PJD) espère arriver en tête du scrutin mais des surprises pourraient venir des campagnes où le Mouvement populaire (MP, centre-droit) est bien implanté notamment dans les régions berbérophones.
Trois partis d'extrême gauche ont mené campagne ensemble sous la bannière de "l'Alliance de Gauche", insistant sur l'urgence d'une réforme de la Constitution, qu'ils jugent "non démocratique".
Pour la première fois, 52 observateurs étrangers ont supervisé le scrutin. Ils publieront un rapport préliminaire samedi et une version définitive dans quelques semaines.
"Ce type de mission aide le pays et la communauté internationale à renforcer la démocratie dans des pays comme le Maroc", a noté l'ex-président bolivien Jorge Fernando Quiroga Ramirez qui dirige la mission.
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| Le ministre marocain de l'Intérieur Chakib Benmoussa à Rabat le 7 septembre 2007 (© AFP - Philippe Desmazes) |
Par ailleurs, près de 3.000 observateurs marocains du "Tissu associatif d'observation des élections" ont participé à la surveillance du scrutin.
Le vote s'est déroulé au scrutin direct de liste à la proportionnelle. Les électeurs choisissent 295 députés dans 95 circonscriptions et 30 députées sur une "liste nationale" séparée, pour assurer un quota de représentation aux femmes.
Les partis en lice sont répartis en trois grandes tendances: les islamistes, dont le PJD, les partis de la coalition gouvernementale et la gauche non gouvernementale.
Les résultats définitifs seront annoncés dimanche. Le roi Mohammed VI devrait ensuite nommer un Premier ministre qui devra mener des négociations avec les partis arrivés en tête pour former une coalition gouvernementale.
Le mode de scrutin à la proportionnelle ne permet à aucun parti d'obtenir la majorité absolue.
Une éventuelle victoire des islamistes du PJD ne risque pas de remettre en cause les grands équilibres du système politique marocain, dominé par la monarchie. Et, pour gouverner, ce parti modéré devra nécessairement nouer des alliances avec des formations épousant d'autres idéologies.
Cependant, rien n'indique que les partis de la coalition gouvernementale sortante veuillent s'unir avec le PJD.
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